Tout savoir sur les champs électromagnétiques basse fréquence

L’ESSENTIEL

Le champ électromagnétique des lignes à haute tension est-ils dangereux pour ma santé ?

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Aujourd’hui, les éléments qui amèneraient à penser que les champs électromagnétiques soient dangereux pour la santé de chacun sont insuffisants. Ce constat, qui fait consensus parmi les autorités scientifiques, est le résultat de 30 années de recherche internationale. Cependant, certaines personnes se déclarent gênées lorsqu’elles se trouvent à proximité d’une ligne électrique. Qu’en-est il ? Et alors, pourquoi la science n’apporte-t-elle pas de réponse plus définitive ?

En dépit de 30 années de recherche, aucun effet n’est avéré.

En 30 ans de recherches biomédicales en laboratoire, et sur des populations réelles, aucun lien de causalité entre l’exposition aux champs électriques et magnétiques générés par les lignes à haute tension et des effets sur la santé n’a été établi. Les études expérimentales (menées en laboratoire), n’ont pas mis en évidence, de manière reproductible, un mécanisme d’action des champs électromagnétiques même à des niveaux d’exposition très supérieurs aux niveaux habituels.
Les études épidémiologiques (études de populations exposées aux champs) ont conduit les autorités scientifiques et médicales à conclure à l’absence de preuve de relation causale entre les champs et la santé. En particulier, il est considéré que pour la grande majorité des expositions résidentielles, il n’y a pas de données probantes vis à vis d’un risque pour la santé, qu’il s’agisse d’adultes ou d’enfants. Les dernières questions scientifiques, portées par certaines études épidémiologiques, concernent les leucémies de l’enfant.

Mais alors, qu’est-ce que l’électrohypersensibilité ?

Au même titre que d’autres manifestations d’hypersensibilité, comme par exemple les allergies, l’électrohypersensibilité se traduit par l’apparition de symptômes (maux de tête, troubles du sommeil voire atteintes dermatologiques) que les malades attribuent aux champs électromagnétiques, à des niveaux habituellement considérés comme sans effets. Rien ne permet aujourd’hui de considérer que l’électrohypersensibilité est due à cette exposition, mais il s’agit d’une pathologie réelle, quelque qu’en soit la cause, à prendre en charge spécifiquement.
Les études menées amènent aussi les médecins à s’interroger sur l’origine psychologique des symptômes rencontrés. Certains scientifiques avancent l’hypothèse d’un effet "nocebo". L’attente d’un effet négatif, que le sujet attribue à une cause, par exemple à une ligne électrique ou à une antenne relai de téléphonie mobile, provoque l’inquiétude voire le stress et conduit à l’apparition de symptômes réels. Cette attente d’un effet négatif proviendrait pourtant d’abord d’une disposition psychologique propre de la personne.

Si un effet n’existe pas, la science ne peut pas le démontrer

Si on part de l’hypothèse qu’un effet existe, et que son étude est scientifiquement à notre portée, alors ne se pose plus qu’un problème de moyens et de temps pour en établir la démonstration. Mais si l’effet n’existe pas, établir la démonstration scientifique de cette non-existence est impossible. Ainsi, on ne peut démontrer scientifiquement que les phénomènes surnaturels n’ont pas de réalité, ce qui n’empêche pas la communauté scientifique d’être convaincue de leur inexistence. La garantie d’absence d’effet, autrement dit le « risque zéro », est donc scientifiquement impossible à établir.

Poursuivre malgré tout la recherche sur un effet éventuel sur la santé

La science ne sait pas montrer qu’un effet n’existe pas. Que les champs électromagnétiques produisent oui ou non un effet avéré sur la santé, il persistera alors toujours une incertitude sur cette question fondamentale.
Même si la probabilité est très faible, l’hypothèse d’un effet éventuel sur la santé ne peut pas être définitivement exclue. Cette hypothèse suffit à motiver la poursuite des efforts de recherche au niveau international. Après plus de 30 années de travaux, la communauté scientifique reste mobilisée et continue nécessairement d’approfondir ses investigations.

- Et qu’en est-il des porteurs de cardio-stimulateur ?